23 mai 2009
Pas vraiment anodin
« Corrélativement,
l’ordre établi admet plus libéralement que jamais l’usage du
corps des femmes dans la pornographie, comme objet et matérialisation
des fantasmes d’une partie importante des hommes*. Le moins qu’on
puisse dire, c’est que cela n’aide pas les femmes à construire
une confiance en leur corps sexué, ni donc un respect d’elles-mêmes.
En cela, l’affichage pornographique est l’analogue, dans la rue, des violences familiales. Et si l’on rapproche cela du fait qu’il faut toujours insister pour obtenir, lambeau après lambeau, un peu de droit à la maîtrise de la fécondité, ou de ce que dans certaines législations, la française notamment, l’apologie du viol n’est pas illicite, alors que celle du petit larcin est passible de poursuites, on devra conclure que l’ordre politique est toujours là, qui fait tout pour que les femmes aient statut de proies et ne se sentent jamais assez assurées d’elles-mêmes pour exercer pleinement une prise en considération de soi qui entre pourtant dans la définition de la citoyenneté
(Michèle
Le Dœuff)
* Je ne peux pas dire « des fantasmes des hommes », car j’ai la chance d’être entourée d’hommes que les affiches pornographiques irritent considérablement, et qui sont bien conscients du fait que c’est leur libido qu’on manipule, et dans un sens qui leur paraît constituer une menace. « Touche pas à mes pulsions », pourrait être le mot d’ordre de ceux qui perçoivent cet affichage comme une agression. C’est bel et bien une agression, contre, je crois, le respect de soi dans les relations avec les femmes que certains hommes ont commencé à construire.
22 octobre 2008
"Personne ne force personne ?" Ben voyons...
"[...] qui prétend que l’industrie de la pornographie, "ne force personne" ? Les ignorants, les consommateurs et ceux qui s’en font du fric, tiens comme pour l’industrie du foie gras !
Lorsque le film "Gorge profonde " (Deep Throat) est sorti en 1972, il a été célébré comme le symbole de la libération sexuelle de la femme. Une dizaine d’année plus tard l’actrice, "Linda Lovelace", publie une autobiographie : "Elle y narre l’histoire du film et celle de son rapport avec son ancien mari et souteneur, Jack Traynor. Ce récit n’est pas une apologie de la liberté sexuelle, du sexe gratuit et du porno chic, mais celui de l'humiliation, de l’esclavage et de l’abus sexuel.
Loin d’être consentante, Lovelace est la victime d’un mari proxénète brutal, qui, après l’avoir droguée et prostituée, la place devant les caméras sous la menace d’une arme à feu et la frappe sans la moindre hésitation. Afin de réussir les fellations du film sans s’étouffer, elle a dû subir un entraînement pour apprendre à avaler entièrement un pénis.
Pendant les mois qui ont suivi, de nombreuses femmes ont été hospitalisées aux États-Unis, victimes de viols de la ’gorge’ du fait que leurs petits amis ont tenté de leur faire réitérer à la maison l’exploit de Lovelace, dans un état second et sous la menace.
Deep Throat a été tourné en 6 jours en Floride et a coûté 22000 dollars américains à réaliser. Il a rapporté à ses producteurs 600 millions de dollars, dont 100 millions en argent comptant. Linda Lovelace est vite devenue la première superstar du show-biz pornographique, le symbole sexuel de la femme ’libérée’.
En fait, c’est un viol à répétition qui a permis à la pornographie de sortir de son ghetto. et son souteneur de mari ne lui a jamais versé un seul dollar pour ses ’prestations’."
(Source : Extrait de La Mondialisation des industries du sexe. Prostitution, pornographie, traite des femmes et des enfants, éditions Interligne, 2004, p. 194-95, par Richard Poulin, professeur de sociologie à l’Université d’Ottawa.)
L'article intégral ("Comment les "protecteurs des animaux" cautionnent l’objetisation de la femme, sous prétexte de dénoncer l’objetisation des animaux"), issu du site VegAnimal, se trouve ici :
http://www.veganimal.info/article.php3?id_article=560
19 octobre 2008
Horreur et pornographie
« La pornographie et la torture paraissent avoir peu en commun. Et pourtant, c’est ensemble qu’on les voit, ces derniers temps. Dans la torture des prisonniers d’Abou Ghraib, on a assisté à la mise en œuvre d’une imagination pornographique ; et dans l’imaginaire pornographique sado-masochiste, la métaphore de la torture a ouvert les vannes d’une désensibilisation généralisée. La diffusion médiatique de la torture et de la pornographie prend place dans le vide provoqué par l’atrophie des émotions. L’incapacité à éprouver du plaisir a pour contre-partie l’incapacité à percevoir l’horreur en tant qu’horreur ».
Source : http://multitudes.samizdat.net/
03 octobre 2008
"Chair fraîîîche"
« Il y a quelques jours, je suis tombée dans mes stats sur un lien inconnu et j'ai cliqué dessus pour voir ce que ça pouvait bien être. Je me suis retrouvée en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire avec des bites et des culs, des culs par-dessus tête plein l'écran, qui m'ont sauté à la figure. Une pleine page.
J'en suis quand même restée éberluée, outre que surprise. Chaque image correspondait à une vidéo sur laquelle on pouvait cliquer, mais point besoin n'était pour se faire une idée du contenu rien qu'à voir la première image.
Ça m'a attristée, de voir toute cette jeune chair féminine réduite ainsi, humiliée, exposée comme saucisses sur un étal de charcuterie. Tous ces visages (quand on les voyait) aux airs d'idiotes souriantes, d'un sourire feint. Il y en avait même une exprimant la crainte, je ne sais si réelle ou feinte, les deux peut-être.
Quand j'ai voulu fermer la fenêtre de cette page indésirable, rien à faire, ça accrochait. J'ai dû fermer mon ordi pour me débarrasser de cette saloperie. Après quoi j'ai lancé un scan supplémentaire en profondeur de mon brave antivirus programmé pour les isoler automatiquement; car c'est bien un coup à en attraper.
Après la tristesse la colère. Cette industrie porno est facho-machiste. Et aux pornocrates je souhaite ardemment de finir comme Holopherne. Leur fin ne m'arracherait pas une larme, pas un soupir ».
Lory
Source : http://lorycalque.joueb.com/
29 juillet 2008
Qu'est-ce qu'un film X ?
"Qu'est-ce que la pornographie en regard de la sexualité entre deux êtres épris l'un de l'autre ?
Comment peut-on se dire féministe et promouvoir cette industrie du sexe ?
N'y a-t-il plus aberrant grand écart entre des valeurs, un engagement prônant le respect des individus et cette complicité ostentatoire des amateurs de pornographie qui dans leur position de spectateur sont dans le déni absolu de la violence qui est faite aux femmes, aux enfants, à ces corps baisés dont ils jouissent de leur réduction génitale?
Ce sont bien des autistes, "au sens où Simone de Beauvoir applique le mot à Sade"* que la violence et la souffrance excitent. (*cf. citation d'Andrea Dworkin)
Leur conscience, vaste trou noir d'où éjacule la négation de l'Autre dans une libido égocentrique aveugle et avide du sordide, soit tout le contraire d'une relation.
Le torride d'une passion s'ancrant dans le charnel ne saurait s'accoupler ni avec la vulgarité, ni le mépris, ni jouir du sadisme surtout!...
L'attrait envers la pornographie stigmatise une sexualité conditionnée par l'injonction viriarcale du "jouir sans entrave" dont le maître mot est la dégradation de la femme, en la rabaissant, en la souillant.
C'est faire fi de cette volonté destructrice dont les ravages pervers dénaturent cet autre langage propre au désir partagé.
C'est oublier que la pornographie est un viol commercialisé, la transaction financière ne la saurait laver de ses fondements criminels, bien au contraire elle en marque l'impunité, celle d'une société où l'argent roi vomit son avilissement des êtres.
Pensez-vous aux chairs qu'il faut recoudre?
Songez-vous aux traumatismes pourrissants dans une schizophrénie de secours?
Si "l'enfer c'est les autres", l'enfer c'est VOUS!
Vous, dans votre répugnante collaboration à ce système abject!
Qu'est-ce que la pornographie sinon l'acmé de l'humiliation?!"
(Sémaphore)
p.-s. :
Gratifiantes n'est-ce pas les dénominations telles que "salopes", "chiennes" etc...
La jouissance du mâle ne connaîtrait-elle son paroxysme que dans le mépris, les femmes qui disent apprécier contribuent à l'exploitation, au conditionnement d'autres femmes dans un monde androcentré qui ne se soucie de la moindre notion de respect.
L'excitation fouille vos poubelles!
La réduction d'un être en objet sexuel doit être perçu comme un crime, parce que c'est un crime!
L'industrie du sexe est une honte, un outrage, un affront à toute idée de civilisation!
* "Le pouvoir masculin exprimé dans la pornographie est autiste au sens où Simone de Beauvoir applique le mot à Sade : il est violent et obsédé de lui-même ; aucune perception d'un autre être n'arrive jamais à modifier son comportement ou à le persuader d'abandonner la violence comme forme d'auto-gratification.
Source : http://archipelrouge.blogspot.com/
16 mai 2008
"A 11 et 12 ans, ils violent une fillette de 10 ans"
"Il y a huit jours, le plus jeune des deux garçons avait invité
chez lui, à la Queue-des-Yvelines (78) son copain, venu accompagné de
sa sœur.
Ils avaient regardé un film pornographique et décidé
de reproduire toutes les scènes avec la fillette, a raconté à l'AFP une
source judiciaire.
Les deux garçons, élèves de sixième au
collège Maurice Ravel à Montfort-l'Amaury, avaient filmé les scènes et
diffusé les images à une centaine d'élèves via un téléphone portable
pendant une semaine".
La suite ici : http://info.france2.fr/france/43013132-fr.php
***
Un "dérapage de gamins" : Mouais, mouais, mouais...
Ce
qui me tue, c'est que la plupart des gens qui ont réagi suite à cet
acte barbare et sexiste insinuent que si ces enfants n'auraient pas dû
tomber sur un film porno, il est en revanche tout à fait normal que des
adultes aient en leur possession des vidéos mettant en scène des viols
de femmes...
24 avril 2008
La pornographie décodée : information, analyse, pistes d'action
"Comment un être humain qui se respecte et qui respecte les autres peut-il se conduire ainsi ?
Comment peut-on arriver à mépriser avec autant de force des hommes, des femmes et même des enfants et jouir comme acteur et comme spectateur de ce mépris sans qu'une certaine gêne, humiliation, si ce n'est une rage, nous envahissent ?
Car les femmes comprennent maintenant que le viol, la violence et la pornographie sont intimement liés. Le mépris fait aux femmes sous-tend ces trois phénomènes et si une société tolère l'expression de ce mépris sous toutes ces formes, imaginez un peu ce qui peut arriver".
(Lise Houle, en 1981)
Par ailleurs, je constate non sans tristesse que l'étude qui suit est toujours d'actualité :
http://bv.cdeacf.ca/CF_HTML/1999_06_0255.htm#_Toc39899240
01 avril 2008
Pornographie et purinatisme
"La pornographie va à l'encontre d'une libération sexuelle, c'est avoir transformé un acte de vie, en acte d'avilissement du féminin, c'est l'autre face du puritanisme et il est tout aussi malsain et réducteur que lui. C'est désastreux en terme de relationnel entre les femmes et les hommes, surtout pour les jeunes générations, mais également en terme de plaisir. Heureusement que tout le monde n'est pas enfermé là-dedans, y compris les hommes, sinon j'aurais été sûrement très malheureuse et frustrée ! Donc conditionner les jeunes à ces représentations, c'est leur interdire l'idée même qu'autre chose puisse exister, les priver d'un réel plaisir à partager ensemble et les contraindre à une misére relationnelle et sexuelle sans issue. Parce qu'en dehors de cette double face perverse, il n'y a qu'une sexualité mécaniste et/ou consumériste dont l'image est proposée …"
(Bénédicte)
27 février 2008
"Esclave sexuelle à 13 ans"
Internet, cellulaires, webcams : les jeunes d'aujourd'hui ont accès à de la pornographie partout, en tout temps. « Ils voient des choses incroyables et pensent que c'est ça la sexualité. Il n'y a plus de limite. Les gars demandent des actes sexuels insensés et les filles font semblant d'aimer ça. Bordel, réveillons-nous et vite ! »
La sexologue Jocelyne Robert se rappelle un cas qu'il lui a été soumis il n'y a pas si longtemps :
« Des parents ont découvert que leur jeune fille de 13 ans était devenue l'esclave sexuelle d'une bande de jeunes gars. La petite fille en question était tout simplement tombée amoureuse d'un garçon, comme cela arrive normalement à cet âge là. Mais le gars, lui, a dit à la jeune fille que si elle couchait avec ses amis, elle pourrait alors être sa blonde. Elle a accepté, et elle s'est fait baiser par tous les gars du groupe. Elle était devenue un instrument sexuel. Ce qu'on voit aujourd'hui, c'est de la sexualité agressive. On est dans le culte des trois "c", soit le cul, le corps et le cash ».
Source : http://www.montrealexpress.ca/article-129731-Pipe-a-10-dans-les-cours-decole.html
11 février 2008
Quelques extraits d’"Ainsi soit-elle"…
...Que je trouve particulièrement appropriés à la thématique que je développe ici :
« Sous couvert d’exalter cette liberté de mœurs qu’a apporté la révolution sexuelle, il s’agissait de traiter toutes les femmes comme des putains en puissance, contrebalançant ainsi les droits qu’elles venaient d’acquérir par l’avilissement, la souillure et la torture, présentés sous l’emballage artistique de l’érotisme ou la pornographie.
Comme la vertu avait été obligatoire, il fallait que la licence devienne un devoir ».
« En réalité, cette sexualité liée à la violence et à la mort, n’est qu’un avatar soi-disant neuf d’une morale vieille comme le pêché ».
« Leurs phantasmes, leurs jouissances, sont exclusivement basés sur l’ignominie du con ».
« En fait, sous leurs théories pseudo-révolutionnaires et pseudo-modernes, ils perpétuent fidèlement la vieille malédiction du péché originel et toutes les superstitions et les tabous de cette société qu’ils prétendent détruire ».
...
Et en bonus:
« Dominer facilement et baiser puissamment une femelle sans exigences et sans esprit critique lui a été si bien inculqué comme l’A.B.C de son rôle masculin, que son honneur s’effondre et que sa sécurité fout le camp si cette femelle se met à dire : "Je ne jouis pas, Jérôme, fais quelque chose" ».
(Benoîte Groult)
